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 Ephémère

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Ossiria
Trinqueuse née, poivrote... et guerrière
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Nombre de messages : 1277
Age : 31
Localisation : Dans un monde de brumes
Date d'inscription : 22/04/2006

MessageSujet: Ephémère   Mar 25 Sep à 18:42

Sa barque s’amarra au crépuscule. Les rayons du soleil perçaient les lourds nuages qui charriaient leur pluie fine. Des averses abreuveraient le sol d’Avalon durant quelques jours... La lumière était magique. Le vert des prairies et des bois était féerique. L’attrait de la terre d’accueil s’empara d’Ossiria. Au petit galop, elle franchit les différents reliefs de l’île.

Elle n’avait pas donné de ses nouvelles. Personne ne savait qu’elle était de retour. C’était mieux ainsi.
Eneï bruissa. La guerrière se détourna. Un long moment, leurs regards se soutinrent. Si un sourire animait le visage de la centaure, sa compagne d’aventure lisait parfaitement la lassitude empreinte dans l’azur de ses yeux. Ossiria haussa les épaules, songeant que son amie avait compris ce qui se passait. Sans pensée, profitant uniquement du moment présent, la guerrière s’avançait à travers bois. Des troncs familiers, des fleurs blanches, puis enfin elle arriva devant une source jaillissant d’un rocher de granit. C’était en ce sanctuaire qu’elle avait donné son sang. C’était ici qu’elle donnerait son souffle.
Son reflet impassible se brouilla lorsque les premières gouttes grenat troublèrent l’eau cristalline. Par sa lame, Ossiria se mourrait, transpercée en plein cœur. Depuis le début, il devait en être ainsi.

Avec un cri presque humain, la chouette s’avança, dandinant, maladroite dans son empressement. Devant elle, une masse s’étendait dans l’herbe tendre. Les faibles rayons du crépuscule n’en dévoilaient que les contours. Eneï s’étendit soudain, les ailes totalement ouvertes. Sa taille s’accentua, des reflets mauves arpentèrent le corps neigeux au fur et à mesure que le volatile prenait forme humaine. Nue au milieu des plumes qui avaient été son corps durant des mois, la mage leva soudainement le bras droit devant elle. Un long bâton ciselé de runes mystérieuses surgit de nulle part et toucha le sol dans un bruit sec. Une longue cape noire entoura les courbes de l’humaine qui posait un regard mélancolique sur le corps inerte. Elle ouvrit la paume de sa main gauche et souffla dessus. Une boule lumineuse naquit au fil de son air avant de prendre son envol et de se diriger lentement au devant. Les couleurs lunaires du poil de la centaure brillèrent d’un tendre éclat. La mage s’accroupit. De longs cheveux bleus l’entourant, un visage fin et calme, un léger sourire au coin des lèvres, ainsi gisait Ossiria, guerrière d’Avalon. Quelques larmes s’écrasèrent au sol, abreuvant les énormes racines qui s’enfonçaient en terre. Perdue dans le temps, l’humaine pleurait celle dont elle avait fait partie, et qui avait fait partie d’elle.

Le sol baignait dans le sang et l’eau. Une voix s’éleva, claire et limpide. C’était une chanson, une chanson qui avait traversé les temps.

« ...Naé lo di ka mayanoï
Késadé mi fa polamkali
Naéto méya ta lémé
Yua kolito é bén kasé... »

La mage chantait ces paroles issues d’une langue ancienne. Une langue qui s’était peu à peu éteinte tout comme la centaure ce jour-là. Ces mots, ces intonations, tout était comme dans ses souvenirs. Combien de fois sa mère les lui avait chanté sans jamais lui en révéler la signification ?
La centaure ouvrit difficilement les yeux. La mage lui caressa les cheveux doucement tout en reprenant sa chanson…

« Je n’ai qu’une simple prière,
C’est que cet enfant qui s’endort,
Ô Esprits de la terre,
De vous le laisser je n’ai aucun remord…

Je voudrais que toujours il garde l’espoir
Ô Esprits lunaires,
Qu’en vous il ne cesse de croire,
Candide et émerveillé face à votre lumière…

Je lui vois un coeur vaillant,
Dans ses yeux brille la paix,
Mon seul regret
Est de devoir le quitter, mon enfant…

Mes larmes je retiens, la tête je détourne,
Ses rires dans mon esprit résonnent,
Protégez-le, Esprits,
Ecoutez la simple prière qu’est celle-ci… »

Un soupir, un dernier soupir, et la centaure s’éloigna à jamais. La mage regarda le corps de la guerrière se dissiper dans un courant d’air. Ainsi finissent les créations magiques. Elles sont éphémères, créées juste pour être messagères. Les mains ne soutenant plus rien, l’humaine resta un moment immobile, interdite. Ses chaudes larmes avaient cessé, son cœur de pierre se reformait. Doucement, elle se releva. Son regard se posa sur le soleil qui montait dans le ciel. Son corps semblait disparaître peu à peu, comme happé par la brume qui se levait. A son tour, les yeux embrumés et la mine résignée, elle s’évapora.

Le pluie attendue commença à tomber, lavant le sol, effaçant les dernières traces de ce qui fut leur présence. L’île reprenait ses droits et ôtait les souillures bien que celles-ci s’enfonçaient plus profondément dans sa terre…

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MessageSujet: Re: Ephémère   Mar 25 Sep à 18:43

Je la tiens entre mes bras mais elle disparaît, ma création. Ses paupières se sont fermées, recouvertes de quelques unes de ses mèches bleues. Un bleu couleur des mers du Sud…
Qu’est-ce qui m’arrive ?! Je pleure ?! Pourquoi ces larmes ? Je savais pourtant comment cela allait finir…
Le rôle de la centaure est terminé. Elle fut ma messagère. Par elle, je vous ai offert une vision du monde. Un monde de paix, sans maître ni sujet. Ô peuples de Sarwyen, prenaient la peine d’écouter mes paroles.

C’est sur ce sol que s’écrasent mes larmes car son corps n’est plus. Comme évaporée dans un coup de vent, ma guerrière a rejoint le pays des songes. Elle y sera heureuse, plus aucune souffrance ne l’atteindra.
Ma magie n’influe plus. Je dois me reposer. J’ai donné tant de forces dans cet être, moi qui ne suis plus après tout qu’un esprit.
Je suis une âme née au temps des Lords of Atlantis, peuple des terres anciennes. Les corps se sont succédaient pour m’accueillir… du moins en partie.
Je reviendrai bien sûr. Une nouvelle Ossiria prendra corps sur d’autres terres, dans une autre époque. Et encore, je dispenserai mes pensées et mes certitudes.
Mais pourtant, cette vie me manque déjà. Toutes ces personnes dont j’ai fait la connaissance, les reverrai-je seulement un jour ? Peut-être, peut-être pas… A quoi bon regarder en arrière puisque c’est vers l’avenir que je me dirige ?
Elles garderont une place dans mon cœur. Chacune m’appartient et j’appartiens à chacune.

Je m’en vais à présent. Je vais rejoindre ce sommeil qui durant des siècles a été le mien. Mon cœur se serre, mes tripes me font mal, mon esprit est blessé, mais je dois tenir. Je dois m’en aller. Ma création, ma centaure, mon Ossiria. Toi en qui j’ai fais confiance, toi qui a supporté notre passé, tu me manques… Tu me manques tant…

Puissent les Terres d’Argent se souvenir de nos espoirs…

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